Les Diverses Expertises
1 - Médecin légiste
Il est à signaler qu'il n'y a pas eu de médecin légiste sur place.
C’est médecin local qui a été appelé pour prendre la température du défunt et ce à 9h du matin, le lundi 17 juillet.
Le meurtre a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi du week-end du 14 juillet et pour des raisons administratives un médecin légal n'a pu se déplacer sur les lieux.
Le 19 juillet 2000 le Dr G. médecin légiste procèdera à une autopsie.
Le 3 novembre 2001 (15 mois après le crime) ce même médecin légiste procèdera sur les lieux du crime à une remise en situation d'après photos et avec un mobilier qui ne correspond pas à celui utilisé par le couple lors du crime (la tête de lit est de dimensions différentes, ce qui implique que les traces relevées ne puissent pas correspondre aux relevés balistiques).
Le 16 janvier 2006, la veille du procès, la présidente de la Cour d'Assises demande au médecin légiste une contre expertise pour la température du corps (relevée à 36°C). Alors que celle-ci n'a jamais fait l'objet de contestation de part et d'autre depuis plus de 5 ans.
Médicalement parlant, la température du mort (qui par erreur "affiche" 36° à 9 heures du matin - cette température baissant d'1° par heure après le décès*) étant fausse seule la rigidité cadavérique permettra un créneau horaire possible entre 21 heures et 0 heure 30. Il a été démontré au procès de Nîmes qu’il est impossible de déterminer l’heure exacte d’un décès.
*: le docteur qui a fait la levée de corps le 17 juillet 2000 à 9 h du matin a relevé cette température de 36°, (on pense qu’il a oublié de descendre le mercure avant de prendre la température du mort). Selon ce relevé, le décès aurait dû avoir lieu vers 8h du matin! Ce qui est évidemment une erreur.
2 - Résidus de poudre et Balistique
Résidus de tir et pollutions de tir:
La différence entre les deux est que quiconque pénétrant dans une pièce où un tir a eu lieu est susceptible d'avoir des pollutions de tir, celles-ci sont extrêmement volatiles et "polluent" les scènes de crime. Mais pas de meurtrier SANS RESIDUS de tir!
On ne peut pas avoir utilisé une arme à feu sans garder sur soi des RESIDUS de tir.
Rapport d'Expertise du 27 juillet 2000
Madame L. responsable du Laboratoire de Police Scientifique de Marseille le 27 juillet 2000 a rappelé les conclusions de ses analyses:
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Comme vous pouvez le lire on n'a PAS retrouvé de RESIDUS de tir sur Edwige ni sur les enfants et ils ne peuvent donc pas avoir tiré!
S'agissant de Brice, ce même expert précise qu'il a très bien pu être contaminé lorsqu'il s'est approché du 4x4 diesel du père de Yohann venu prendre les enfants. Brice et Yohann ont été rappelé par les gendarmes alors qu’ils partaient car ceux-ci avaient oublié de faire les prélèvements. Or les particules de résidus de tir sont de même nature que ceux dûs à la pollution liée aux gaz d'échappement.
3 - Expertise psychiatrique et psychologique
- Psychiatrique: le 23 février 2001, le Dr T., psychiatre au centre hospitalier, de Montfavet, a rendu des conclusions: l'accusée et ses enfants sont des personnes ne présentant pas de pathologie, et intelligents.
- Psychologique: Madame L., psychologue, évoque l'hypothèse du "secret familial" entre Brice (11 ans lors des faits) et sa mère.
- Psychologique de Brice: Madame Martine N., thérapeute, a établi dans son rapport des conclusions extrêmement pessimistes et pour le moins surprenantes, sur ce jeune garçon de 12 ans qui selon elle présentait des troubles graves de la personnalité.
Il est à noter qu'aujourd'hui Brice poursuit, en dépit de tout, une scolarité parfaitement dans les normes : en juin 2007, bac STI mention Bien, BTS en cours.
4 - Hypnose
A la requête du juge d'instruction, un expert hypnologue, a placé Edwige Alessandri et Yohann sous hypnose pendant 3 heures, pendant lesquelles elle n'a fait que confirmer sa version et a même donné davantage de détails. Le juge d'instruction a demandé une première fois puis a fait appel, pour obtenir la nullité de cet acte d'instruction. Ainsi que le retrait du scellé contenant le film de cette séance, prétextant que ceux-ci pourraient porter TORT à la défense.
Ce qui est paradoxal: le film comme l'acte de cette séance étant autant de preuves de la bonne foi de l'inculpée.
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Extrait page 4 du mémoire de Maître Roubaud, voir ici le document complet.
5 - La "résistance au bruit"
Mme Alessandri a été accusée d'avoir menti lorsqu'elle affirme avoir entendu cette phrase: "Merde, le coup est parti, tirez-vous, tirez-vous!" pour conforter la thèse d'intrus dans la chambre.
- Est-il possible ou non d'entendre ou de comprendre une phrase dite dans une pièce où vient de retentir un coup de fusil?
L'expert de stature internationale que nous avons consulté et qui a témoigné lors du procès de Lyon affirme que oui, et ce en contradiction avec ce qui avait été écrit, dit et cru jusqu'alors. En effet, il y a une différence entre les bruits dits de "crête" et un bruit continu. La preuve qu'un bruit de crête n'invalide pas l'ouïe est bien que des soldats à qui l'on ordonne de cesser le tir, entendent cet ordre!
- Il a été demandé au médecin expert, le Dr G., si Mme Alessandri avait pu entendre "le bruit du sang se déverser" et le comparer au "glouglou d’une bouteille renversée qui se vide", comme elle l'avait affirmé et maintenu lors de ses dépositions. Le médecin légiste a répondu qu’on ne peut pas entendre ainsi le bruit du sang, mais que le bruit entendu était celui qu’a fait le diaphragme aussitôt après la mort et qui est un bruit comparable.
Ce qui PROUVE que:
- Mme Alessandri était tout contre son mari au moment du tir (et de sa mort) suffisamment proche pour avoir entendu ce bruit, et
- que si elle était capable d'entendre le bruit du diaphragme juste après le tir, elle était également capable d'entendre parler dans la pièce...
- qu'à moins d'avoir déjà VECU ce type de situation, ou d'avoir fait des études de médecine légale, on ne PEUT PAS INVENTER ce genre de détail, et le maintenir malgré tout ...
- que si elle a entendu ce bruit elle devait avoir l'oreille "collée" à son mari ce qui expliquerait également que le choc auditif dû au coup de fusil à bout touchant ait été atténué.
6 - Expertise du Géologue
Dans une BWM volée le matin du crime puis abandonnée le lendemain suivant dans la matinée, voiture signalée par l'auteur de l'appel anonyme comme étant celle utilisée par les agresseurs, on a pu retrouver entre autres déchets alimentaires, de la terre. Cette terre a été expertisée et elle a toutes les caractéristiques de la terre de La Gasquie, la maison des Alessandri... on ne sait si il a été réalisé des expertises ADN sur les chewing-gums et autres déchets retrouvés dans la même voiture, ni si dans l'affirmative il a été procédé à des comparaisons de ces ADN.
Cette expertise a totalement été occultée lors du procès en appel de Nîmes.
7 - Modification de la scène du crime
Tous les pompiers et intervenants notent dès leur arrivée la forte odeur de poudre, et une sorte de fumée blanche dans la chambre.
L'heure du crime est donc fort proche de l'heure d'arrivée des pompiers sur place: l'odeur de poudre règne encore dans la chambre. (Un pompier déclare qu'il n'a jamais senti une odeur aussi âcre et forte dans toute sa carrière).
Ces faits n'ont reçu qu'une attention bénigne lors du procès de Nîmes.
Et pourtant ce point est important compte tenu des accusations de transformation de la scène du crime qui sont portées contre Edwige: elle aurait eu fort peu de temps pour faire tout ce dont on l'accuse:
- demander à Yohann de cacher l'arme du crime dans la haie (arme toujours pas retrouvée),
- demander à Brice d'aller ouvrir la fenêtre de la cuisine, déplacer les jardinières, d'aller chercher une feuille de cerisier à près de 500 mètres de la maison le long d'un chemin d'accès, et de laisser quelques traces dans la cuisine et l'escalier,
- de prendre une douche afin de se débarrasser d'une partie des traces de poudre, exclusivement celles pouvant être incriminantes,
- se barbouiller du sang de son mari, sans laisser de traces de frottements,
- changer le corps de place "de quelques millimètres",
- placer un préservatif à côté du lit (nous passons sur les détails scabreux),
- appeler le SAMU en simulant la peur extrême,
- et simuler un état de choc pendant toute la nuit au point de tromper 6 pompiers avisés et de nombreux gendarmes. Le médecin confirmant au procès un état de choc important pendant plusieurs jours (Edwige ne supportait plus de dormir dans un lit !)