Le déroulement des événements:
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La soirée et la nuit du 16/17 juillet
Le samedi 15 juillet 2000, les Alessandri sont allé dîner chez des amis, discuter des agrandissements du magasin, au cours de la soirée Richard couvre son épouse d'éloges.
Dimanche 16, en fin d’après midi, Brice s'entraîne avec son père à conduire le 4x4 dans le champ derrière la Gasquie, jusqu'à environ 20 heures.
Vers 21 heures Yohann rentre à la maison après un week-end avec des amis, sortie pour laquelle Richard avait donné son accord comme en témoigneront quelques jours plus tard les jumeaux, amis de Brice. Ils avaient passé la semaine à la Gasquie, ils en gardent un bon souvenir dans une ambiance familiale détendue.
Edwige appelle sa tante sur la Côte d'Azur pour organiser une semaine de vacances pour Brice. Richard participe à la conversation et plaisante. Il est 21h ou 21h30.
C'est la fin du long week-end, et ce fut pour l'Intermarché une spectaculaire réussite financière dont Richard Alessandri s'est publiquement vanté: la "fête du melon", que les époux ont organisée à l'occasion du 14 juillet est un succès.
Le dimanche soir 16 juillet 2000, les époux Alessandri se couchent, regardent la télévision dans leur lit, ont des rapports sexuels (on retrouvera un préservatif usagé à côté du lit) et s'endorment vers 23 heures.
Vers minuit les agresseurs montent à l'étage, où ils savent trouver les chambres (nombre d’ouvriers ayant travaillé au cours des mois précédents dans la maison, son plan en était connu de nombreuses personnes).
Ils entrent dans la chambre du couple mais la poignée, mal fixée tombe (on retrouvera la poignée sur le sol, mais personne n'a pensé à y chercher des empreintes).
Le bruit réveille-t-il Richard Alessandri? Les agresseurs sont-ils surpris de trouver le lit si proche de la porte? Veulent-ils surprendre leur victime en le réveillant, du bout du canon? le coup part... ce n'était pas dans leurs plans, ils voulaient sans doute, comme cela se passait et cela se passe toujours, le "saucissonner" et se faire ouvrir le coffre du supermarché...
Devant le meurtre ils prennent peur "Merde, le coup est parti, tirez-vous, tirez-vous!" et s'enfuient.
Edwige Alessandri est réveillée par le coup de feu, elle est paralysée par la terreur, en état de choc.
Tout se passe en même temps: le réveil, la lumière qui éblouit, le coup de feu, des étrangers qui crient, la peur extrême d'être touchée à son tour.
Elle ne réagit même pas au "tirez-vous" et imagine les agresseurs toujours dans la maison.
Elle sent le sang de son mari s'écouler contre elle.
Elle se glisse hors du lit, puis se réfugie dans la salle de bains.
Elle téléphone au SAMU, mais elle est toujours en état de choc, toujours terrorisée.
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L'appel d'Edwige au SAMU des pompiers le lundi 17 juillet 2000 vers 0h05/0h10:
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Or, suite à cet appel au SAMU, son récipiendaire a prévenu l'équipe d'intervention d'urgence des pompiers et gendarmerie, qu'une "femme a dit qu'elle venait de tirer sur son mari".
Heureusement pour Madame Alessandri la bande originale de son appel au SAMU a été conservée: nulle part elle n'y fait une telle déclaration! Comme quoi, l'écart entre la réalité et son interprétation est parfois immense!
Si cet enregistrement n'avait pas été conservé, Edwige sur la foi de la parole d'un professionnel n'aurait jamais pu prouver n'avoir pas fait ces déclarations et une fois encore, c'était sa parole contre celle d'une personne assermentée, pompier ou gendarme.
Les pompiers sont donc arrivés sur place vers 0h20 avec une idée préconçue et fausse.
Les consignes habituelles s'appliquent: ne toucher à rien! Ils affirment avoir suivi la procédure à la lettre: c'est à dire ne pas avoir touché au corps. Or ils conseillent à Edwige de prendre une douche (elle était censée avoir tué son mari au cours d'une "rixe").
L'erreur est humaine et les pompiers n'en sont pas exempts.
Vers minuit des agresseurs pénètrent dans la maison soit par la fenêtre coulissante de la cuisine au-dessus de l'évier, retrouvée ouverte juste après le crime (celle qu'ils savaient après repérage ne pas fermer correctement - voir casse du robinet), soit par la porte-fenêtre de cette même cuisine car cette porte n'est pas verrouillée comme le constatent les enquêteurs, et elle a des poignées à l'intérieur ET à l'extérieur. Quant aux autres issues, elles n’ont pas été vérifiées…
Les gendarmes n'ont pas effectué d'analyses sur la porte, mais passent les abords de la fenêtre au peigne fin : en utilisant la technique de la lumière rasante, avec un projecteur halogène, ils trouvent des traces de pattes de chat, des débris végétaux, mais « aucune trace » (pourtant 27 personnes ont piétiné dans la maison entre 0h30 et 09h00, heure d’arrivée du médecin).
On a beaucoup reproché à Yohann d'avoir désigné aux enquêteurs la fenêtre ouverte de la cuisine comme entrée possible des agresseurs. Or, n'est-il pas naturel qu'il se soit posé la question en trouvant cette fenêtre anormalement ouverte et dans ces circonstances? En y réfléchissant, et puisque l'on n'y a pas trouvé les empreintes nécessaires, l'on peut conclure qu'après avoir envisagé cette entrée qu'ils savaient défectueuse, les malfaiteurs ont découvert que la porte fenêtre voisine n'était pas fermée, ce qui leur a considérablement simplifié le travail!
Les enquêteurs n'auraient-ils pas dû, eux, vérifier toutes les entrées? N'est-ce pas là la routine? ou faut-il encore accuser les victimes de négligence?
On retrouve une chaussure, en taille et marque correspondant à un moulage prélevé derrière la haie du jardin, chez un jeune homme, employé saisonnier à la vente des fruits et légumes de l'Intermarché, qui connaît la procédure de rangement des caisses. Lors d'une perquisition au domicile de ce jeune homme pour une autre affaire de meurtre (l'arme de cet autre crime lui appartenait), on découvre dans sa chambre les articles relatant l'assassinat de Richard Alessandri, datant de 4 mois auparavant, scotchés au mur en vis-à-vis d'une série d'armes à feu et armes blanches, et des munitions dont certaines ne correspondent pas aux armes possédées MAIS qui sont du même calibre que celui de l'arme qui a tué Richard Alessandri. Ce jeune homme ne se représentera pas à son travail au supermarché dans les jours qui suivent le meurtre.
Il s'est depuis engagé dans l'armée et ne se présentera ni au procès d'Avignon, ni à celui de Nîmes.
Le lendemain même, la gendarmerie reçoit un appel anonyme dénonçant nommément les responsables et donnant les détails de l'affaire:
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Suite à cet appel, les gendarmes vont faire un repérage. Par avion léger décollant de Carpentras..
L'appel anonyme du 18 juillet a été passé sous silence lors du procès en Appel de Nîmes
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La garde à vue
Edwige et ses 2 enfants sont placés en garde à vue le 28 novembre 2000 à 6h30 du matin.
Ils sont tous les 3 parties civiles. A l'époque les enfants sont mineurs, donc sous la responsabilité d'Edwige. Michel Roubaud est leur avocat à tous les 3.
Lors de sa garde à vue Yohann est majeur il doit donc prendre un autre avocat or ils n'en connaissent pas, et ne sentant pas le besoin de démontrer quoi que ce soit, Yohann n'en demande pas. Aucun des gendarmes dira à Edwige ou ses enfant qu'ils peuvent en avoir un d'office.
Michel Roubaud leur avait été conseillé par des amis car Edwige ne connaissait que des avocats en matière prudhommale.
- Brice est alors âgé de 12 ans. Il est en rétention, sans montre, dans un appartement vide à l’exception d’une table et de quelques chaises. Cette disposition est normalement prévue pour les interrogatoires de terroristes. Les gendarmes lui proposent de s'accuser du meurtre de son père, en lui rappelant qu'étant mineur de moins de 13 ans, il ne risque rien. Brice refuse et ne variera pas dans ses déclarations durant les 15heures qu’ont duré son interrogatoire.
- Edwige de son côté, relate les faits tels qu'elle les a vécus, sans jamais varier malgré les intimidations. Les enquêteurs en concluront qu’Edwige était « butée et entêtée, refusant de reconnaître l’évidence. »
- Yohann a 18 ans depuis quelques jours, ce qui permet de le mettre en garde à vue de 2 fois 24 heures, à la différence de son frère. Il n’est donc pas assisté d'un avocat, et on "l'intimide" avec les réalités de la vie carcérale, et de ses sévices sexuels. Nous sommes le 29 novembre. Après avoir pendant toute la première journée expliqué la mort de son beau-père par l'agression de personnes extérieures, il s’accuse lui même, puis comme cette version ne « collait pas » selon les gendarmes, à partir de 4:30 h du matin, il incrimine sa mère. C'est la 7ème fois qu'on l'interroge. La fin de la nuit, puis la journée entière du 29 novembre seront consacrées à diverses versions de cette thèse. C'est à 23 h 45, à la 41ème heure d'une garde à vue qui durera jusqu'à 6h 30 le 30 novembre, que l'on obtient une version "définitive". Jusqu'à sa rétractation.
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Le 2 décembre 2000, Yohann écrit au juge d'instruction pour dénoncer ses aveux. Audience refusée. Il ne sera reçu que le 12 janvier 2001 après une nouvelle demande. Et à ce moment sa rétractation sera enfin enregistrée.
Ci-dessous un extrait d'une lettre particulièrement claire et concise de Monsieur Louis JEANNEAU, père d'Edwige adressée à l'Inspecteur Général des Services Judiciaires, au Ministère de la Justice. Où l'on voit les conditions d'une garde à vue à laquelle a été soumise toute la famille du défunt, et où apparaissent de nombreuses anomalies et contradictions dans le déroulement même de l'enquête , et ce dès les premières heures.
NB: Une première mise en cause aura lieu vers 4:30 h, la version "définitive" sera enregistrée le 29 novembre à 23:45 h. Edwige sera incarcérée le 30 novembre au matin.
voir document complet ici
Extrait d'un mémoire de Maître ROUBAUD, avocat de la Défense, traitant de l'épisode de la garde à vue:
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2 ans plus tard
pendant la détention provisoire d'Edwige, un autre témoignage en provenance d'une codétenue s'est ajouté au dossier. Dans un appel téléphonique enregistré, puis dans une lettre, Mme L.M., maîtresse d'un important caïd de la région, mentionne avoir assisté à des discussions entre des personnes se vantant d'avoir fait le coup et de faire porter le chapeau à Edwige. Les personnes sont nommées, et correspondent aux individus déjà désignés lors de la communication téléphonique anonyme du 18 juillet 2000. Ces personnes ont déjà un casier judiciaire bien rempli.
Suite à cette lettre les gendarmes les interrogent: ils reconnaissent connaître Mme L.M., mais la traitent de folle. Les gendarmes n'ont donc pas donné suite.
Les gendarmes en concluent qu'Edwige a fabriqué ces deux dénonciations.Ce qui supposerait qu'avant le meurtre de Richard, Edwige connaissait ces familles de gitans, leurs habitudes, leurs fréquentations, les savaient à proximité le soir du drame, prévoyait que madame L. M. future détenue dans sa future prison, deviendrait la maîtresse d'un caïd qui connaissait ces mêmes gitans.


