Edwige Alessandri: condamnation sans preuve

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Nouvelles de Rennes:

Bonjour à toutes et à tous!

Quelques petites nouvelles d'Edwige, en reprenant depuis le début de son incarcération.

Comme vous le savez sans doute, elle est à la maison d'arrêt de Rennes. Je profite de cet espace pour rendre hommage à celles et à ceux qui y travaillent. Etre incarcéré est dur, être incarcéré à tort est terrible. C'est pourquoi je voudrais exprimer ici l'appréciation unanime de tous ceux qui ont rendu visite à Edwige: elle et ses visiteurs y sont traités avec respect. Ceci sort suffisamment de l'ordinaire pour mériter d'être mentionné.

La prison est située en pleine ville, c'est un ancien couvent. Les bruits de la ville qui parviennent aux détenus leur font du bien à l'âme: ils font encore partie de notre monde.

L'établissement étant ancien, point de béton, mais des pierres de taille, du plancher dans les cellules, une pelouse, un arbre ... c'est un peu de nature à domicile: ils appartiennent encore à la planète Terre.

La nourriture est correcte et permet de se maintenir en relativement bonne santé.

C'est peu, mais c'est beaucoup (à Nîmes, la prison était à côté du funérarium, aux confins de la ville, la cour était en béton et sous le soleil provençal, la promenade prenait des allures de fournaise).

Edwige a eu un moment difficile: son dossier n'a pas encore fini son long parcours qui lui permettrait d'aboutir en "longue détention", ce qui signifierait entre autres, avoir une cellule pour elle seule. La surpopulation carcérale étant ce qu'elle est en "courte durée", notre amie a dû partager sa cellule avec des "fumeurs", télévision 24h/24, et des personnes de caractère disons, très difficile.

Après trois changements de "partenaire", il semblerait qu'on lui ait trouvé une compagne plus compatible avec sa personnalité.

Je salue ici le courage d'Edwige qui après chaque épreuve, aussi difficile soit-elle, se relève, et reprend courage, continuant d'avancer vaillamment sur le chemin que la vie lui trace.

Bernard et moi lui rendrons visite dans le courant du mois de juin et nous vous donnerons donc des nouvelles toutes fraîches en juillet

Merci de votre soutien

le 2009-05-20 - Françoise Vernoux - Comité de Soutien



Extraits de lettres d'Edwige:

Cette fois, la vie en bleu, comme le ciel ce soir. Il est 21h30 et le coucher de soleil dans les feuilles des tilleuls et sur les vieilles pierres du préau est superbe. Enfin un peu de bleu dans cette journée si grise.
.../...
Bon, la bonne nouvelle, me voici enfin dans une cellule non fumeur depuis mercredi. Je respire. La dame avec qui je partage a une soixantaine d'années et nous nous entendons bien. Je revis réellement. J'ai de nouveau des repères, sérénité, calme et sommeil! Le luxe. Hier soir à  21h30 je me suis endormie jusqu'à  ce matin 8h00, sans me réveiller une seule fois... très rare pour moi. Je dors dans le calme... adieu, les ronflements infernaux!!! Vraiment je me sens bien. Il était temps après ces 20 jours très difficiles. Je vais m'en remettre, c'est le principal!

le 2009-05-21 - Edwige



Extrait d'une lettre:

Heureusement, dans ma tête, je garde le souvenir des belles choses qui me restent à  faire! Et ce n'est pas grave si je ne les fais pas toutes, il y en a une qui me tient tellement à  coeur, c'est pour elle que je reste en vie, oui en VIE! - Rennes

le 2009-05-25 - Edwige



Grâce présidentielle:

Seuls les coupables finissent par se taire:
Edwige n'a évidemment pas voulu d'un quatrième procès, car ni elle ni nous ne croyons plus à cette forme de justice. De plus, un procès en Assises est chose fort éprouvante: ses parents ont droit au repos, ses enfants celui de regarder vers l'avenir. Elle n'a plus aujourd'hui les moyens pécuniaires de sa défense. En conséquence, elle ne peut faire appel à la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Elle a cependant le droit de demander la Grâce Présidentielle, ce qu'elle a accepté de faire.

Voilà pourquoi une pétition a été ouverte pour soutenir la demande de grâce d'Edwige Alessandri. Elle est en ligne sur notre site sur cette page: pétition , si vous ne l'avez pas encore fait, merci d'aller la signer et demander à vos proches d'en faire autant! :-)

le 2009-05-27 - Comité de soutien



Dernières nouvelles de Rennes:

Chers Amis,
 
De toutes petites nouvelles d'Edwige, avant notre visite à Rennes.  Au fil de ses lettres, une chose est évidente: le moral est chose ténue, à laquelle il faut s'accrocher, et travailler tous les jours: l'équilibre est précaire et un rien peut faire basculer dans la déprime. Notre amie s'entraîne donc à la vigilance dans ce domaine.  " Mon équilibre ne tient qu'à un fil."
 
A propos de la Grâce, justement: " Hier, Thierry Lévy m'a demandé, par courrier, de lui décrire les conditions de vie de Brice du fait de mon incarcération.  Heureusement que le stylo bille existe! La page n'aurait été qu'une tache bleue."
et à propos de la Fête de Mères: "Même si c'est une fête que je marque peu dehors, ici, c'est très difficile à vivre. Comme quoi, c'est une question de mental."
 
Sinon, elle lit beaucoup, et continue d'étudier. 
 
Quand elle évoque Richard, sa douleur est immense et aussi vive qu'au premier jour. Mais cela est du domaine privé, et je ne trahirai pas sa confiance en livrant ses pensées. Sachez que tout simplement, le soutien de chacun lui est non seulement extrêmement précieux, mais nécessaire.
 
Amitiés,


le 2009-06-06 - Francoise Vernoux - Comite de Soutien

à Rennes, au mois de juin...:

Nous avons donc eu la chance et le bonheur de voir Edwige deux semaines de suite, par de beaux matins d'été. Elle s'était fait belle pour nous recevoir et nous avons eu la joie de pouvoir lui offrir quelques roses de jardin qui nous a t'elle dit ont duré toute la semaine. La prison rend ingénieux: comme leur parfum était prononcé, elle s'est fabriqué de l'eau de rose pour le visage!
 
Elle nous a chargé de messages pour tous ceux qui la soutiennent: vos lettres lui sont extrêmement précieuses, et elle s'efforce d'y répondre. Elle avait également l'intention d'écrire quelques lignes pour cet espace particulier qui nous rassemble: le net!
 
Mais voilà, elle écrit lorsqu'elle se sent en forme car elle ne voudrait infliger sa peine à aucun d'entre nous. L'équilibre est précaire, des jours avec, des jours sans. La dernière fois que nous l'avons vue, elle espérait de toutes ses forces passer en détention longue durée, ce qui signifie plus de parloirs, la possibilité de téléphoner à ses proches, et surtout, une cellule pour elle toute seule! Ainsi qu'une "permission" d'un jour ou deux pour Noël, par exemple. Elle n'en dormait plus depuis trois nuits... las, ses espoirs ont été déçus, son dossier est resté quelque part en souffrance... alors, patiemment, il faut remonter la pente, se reconstruire un horizon, une niche où exister, en attendant... septembre, peut-être...
 
Tout ce que l'on nous a dit sur le centre de détention de Rennes est vrai: la courtoisie vis à vis de nous les visiteurs comme de leurs pensionnaires, - on dit toujours "Madame Jeanneau", on ne crie pas "Jeanneau!", ça fait la différence... la nourriture est meilleure qu'ailleurs, le cadre aussi, bien qu'elle ait hâte d'avoir accès à la cour des longues détentions pour les promenades, celle-ci étant je crois plus spacieuse et plus verte...
 
Malheureusement, ses co-locataires ne sont pas toutes comme elle des innocentes arrivées là au hasard des dysfonctionnements de la Justice, et c'est ce qui rend les conditions carcérales si difficiles à vivre: la promiscuité inévitable. Edwige nous dit que c'est là le pire qu'elle ait connu: des hurlements d'une cellule à l'autre, voir d'un bâtiment à l'autre jusque passé minuit tous les soirs (avec interruption pendant "Plus belle la vie"), une homosexualité affichée avec scènes de jalousie et bagarres, drogue (trafic d'ersatz légalement prescrits), avec les conséquences inhérentes à ce genre de situation.
 
Elle fait bonne figure, mais l'on s'imagine aisément la difficulté de vivre ainsi. Pour ne pas penser, elle étudie tant qu'elle peut, elle lit, elle écoute la musique de sa radio. La messe du dimanche est un soutien précieux. Des chorales et des musiciens viennent ponctuellement pour l'office: baume pour l'âme. Je crois que la chapelle est belle.
 
On peut lui faire parvenir des livres via ceux qui ont accès au parloir, à condition que les couvertures soient souples.  On ne peut pas les lui envoyer par la Poste. Contactez-moi si vous voulez lui en offrir.

Merci de votre lecture, et à bientôt!
 


le 2009-07-02 - Francoise Vernoux - Comite de Soutien

Merci!:

Il est des luttes ou des combats qui rapprochent, qui unissent et qui rendent fort.

La force de continuer, ce que vous me donnez tous en rejoignant cette belle liste de noms. Et parfois, je vous assure, il m'en faut.

J'ai refermé une grande porte, celle qui m'a été la plus longue à franchir: j'ai quitté la maison d'arrêt et suis depuis peu en centre de détention. C'est toujours la prison, mais le régime carcéral est différent et pour ma part, un peu plus facile à supporter.

Je suis seule en cellule et vais devenir autonome dans mes déplacements au sein de cet immense bâtiment. Cela me permettra aussi d'envisager la préparation de ma sortie afin d'être de nouveau près de mes enfants et ma famille.

Je n'ose pas vous écrire cela et pourtant, c'est la vérité, j'ai repris mon sourire, même dans cette douloureuse période.

Je ne vais plus m'asseoir dans le siège passager et regarder le paysage, mais je vais enfin prendre le volant. Il est grand temps. Je vais guérir pour vivre mon insoutenable histoire, tracer mon chemin, l'imaginer pour qu'il se dessine, ouvrir vaste le regard avec patience et minutie.

C'est l'heure du combat positif, celui de cultiver ce désert qui ne cesse de m'appeler à la plénitude, afin de ne pas succomber à l'expérience de vide du manque.

Je vous embrasse tous et vous remercie chaleureusement de votre soutien,

Ed.

le 2009-07-13 - Edwige Alessandri



Cet automne, à Rennes:

Bonjour à tous,


Voilà quelque temps que nous ne vous avons donné de nouvelles d'Edwige: les jours, les semaines puis les mois passent.  Avec des hauts et des bas, des moments d'espoir fous suivis de douches écossaises, comme toujours depuis plus de neuf ans.

Edwige "tient le coup", son équilibre lié en quelque sorte à la routine, à la discipline qu'elle s'est fixée, à l'horizon où l'on espère voir se profiler une conditionnelle pas trop lointaine.

Depuis qu'elle est passée en détention longue durée au mois de juillet, Edwige bénéficie d'une cellule individuelle.  La toute première où elle a échoué, la seule qui était libre à l'époque était d'une saleté repoussante: lavabo bouché, murs et sol crasseux.  Eau de Javel et ammoniaque ont fait le travail.  La saleté était telle qu'elle a pu obtenir un matelas neuf séance tenante...  Elle a déménagé depuis et admire le coucher de soleil tous les soirs.
La longue détention signifie également qu'elle peut travailler.  Les mains occupées, la tête se repose aussi!  Elle est aux cuisines, c'est pénible, très mal payé mais mieux que rien.

Les détenues ont les clés de leur cellule: pendant la journée, elles peuvent aller et venir à l'intérieur du bâtiment.  Elles ont une cuisine commune, une salle avec TV, un endroit où prendre leurs repas ensemble si elles le désirent.

La prison de Rennes a de beaux parloirs tout neufs où l'on peut trouver un peu d'intimité: une petite "pièce" séparée pour chaque détenu et ses visiteurs.
Edwige lit énormément, reçoit vos courriers et y répond: pas besoin de télévision pour occuper ses soirées.  Ainsi, comme elle le dit, le temps passe à la fois vite (journées occupées) et lentement, attente de la libération hors les murs.  La vraie libération ne viendra qu'avec l'arrestation des vrais coupables...

La messe du dimanche et l'aumônerie apportent beaucoup à notre amie.  Ce sont des moments privilégiés, des bouffées d'air et de raison.  Raison d'espérer, aussi, par la foi qui la soutient.

Il y a eu quelques joies: 3 sorties en vélo pour aller faire de l'escalade sur un mur: 6 détenues encadrées de leurs surveillantes et du moniteur de gym...  mais un peu de l'air de la liberté: même les pots d'échappement étaient les bienvenus!

Et puis, récemment, il y a eu 5 jours de permission, en préparation de la conditionnelle...  5 jours à la maison, 5 jours pour reprendre pied, retrouver les siens.

"Ces 5 jours étaient à la fois courts et longs.  Je n'ai pas fait tout ce que j'aurais voulu faire, mais le principal était de m'imprégner de nouveau de l'ambiance de la maison.  J'avais oublié, volontairement, mais tout de même, oublié."

Il fallait aussi prendre soin des "affaires courantes": Edwige doit trouver des fonds pour payer les indemnités dues aux victimes.  Ce n'est pas chose facile...

On a droit à une permission par trimestre: elle espère 10 jours en janvier... 

Ainsi va la vie d'Edwige.

le 2009-11-16 - Françoise Vernoux, Comité de Soutien


Ubu roi

Scandaleux!!!:

Voici le contenu d'un courriel reçu aujourd'hui même:

"Il faut que je vous raconte ce qui se passe au Centre de Détention.

La détenue "BADAOUI" a obtenu par le médecin, au titre de sa réinsertion, de se faire faire:

       1. une liposuccion des cuisses,
       2. du bas ventre,
       3. ainsi qu'un lifting du visage.

Le Centre de Détention est en émoi et on le comprend !
les dames sont outrées: il y a d'autres cas plus importants à soigner (cancers, troubles psychiques...).
Edwige est révoltée.

Franchement la SMU peut mieux gérer ses fonds, la Sécurité Sociale meurt de tels agissements."

le 2009-12-07 - Françoise Vernoux, Comité de Soutien


Vu dans La Provence d'aujourd'hui

L'ENQUETE EST RELANCEE!!!!:

Affaire Alessandri : l'enquête est relancée
 
La Provence - Publié le vendredi 18 décembre 2009 à 12H09
 
"Une trace ADN sur des mégots relance le mystère de Pernes-les-Fontaines
 
Un rebondissement vient de se produire dans une affaire criminelle qui alimente la chronique judiciaire depuis une dizaine d'années : l'enquête sur le meurtre de Richard Alessandri, tué pendant son sommeil d'une balle de fusil de chasse au cours de la nuit du 16 au 17 juillet 2000 dans son mas de la Gasquie, à Pernes les-Fontaines, est relancé.
 
L'espoir de prouver qu'elle n'a pas tué son mari tient pour Edwige Alessandri à une signature ADN qui vient d'être identifiée sur deux mégots de cigarettes. Du fond de sa cellule de la prison de Rennes, Edwige Alessandri en est désormais persuadée. Elle tient un élément nouveau et s'accroche à "ce nouvel espoir", avec ses fils et son avocat Me Thierry Levy.
 
Condamnée par les cours d'assises du Vaucluse et du Gard puis par la cour d'assises d'appel du Rhône sur renvoi de cassation à la peine de dix ans de réclusion criminelle, pour le meurtre de son mari et la modification de la scène du crime, Edwige Alessandri n'a de cesse de clamer son innocence. Lors de ce dernier procès, qui s'est tenu en février dernier, Me Dupont-Moretti, partie civile pour Yohann Boguslaw, fils aîné d'Edwige, a demandé au président François Martin de verser l'ADN de deux mégots sur le fichier national des empreintes génétiques.
 
Les mégots avaient été trouvés à l'époque sur la pelouse de la propriété de la Gasquie, près d'une haie de cyprès et le "fumeur" n'avait pas été identifié. Quelques jours après le prononcé du verdict, l'ADN a "parlé" : il s'agit de la "signature" d'un homme connu de la justice. Un Carpentrassien, membre de la communauté des gens du voyage, condamné à plusieurs reprises pour des vols. Et qui, selon l'un de ses anciens avocats, a souvent eu le rôle de "guetteur".
 
Une piste pour Me Levy qui a toujours assuré qu'un cambriolage qui tourne mal était la clé du drame. La thèse d'une intrusion extérieure ne peut toutefois être retenue indique le Parquet général de la cour d'appel du Rhône qui a cependant ordonné l'audition de cet homme. " Il a expliqué aux gendarmes de la BR de Carpentras qu'il tournait à cette époque dans des propriétés et qu'il s'est probablement rendu sur ce terrain". Mais il n'a pu fournir d'information sur un casse qui aurait tourné au meurtre.
 
Mes Levy, avocat d'Edwige Alessandri, Dupont-Moretti, conseil de Yohann Boguslaw et Geiger pour Brice -l'enfant du couple - ont saisi le parquet général du Rhône pour qu'une véritable enquête soit menée. Mais pas par les gendarmes qui ont effectué les investigations et qui sont " aveuglés par le dossier". Le parquet général du Rhône n'a que partiellement satisfait à cette requête : il vient de demander que les gendarmes de la BR de Carpentras procèdent à de nouvelles investigations afin d'éclaircir certains points de cette déposition."
Bruno HURAULT


Nous te souhaitons une excellente année, Edwige, celle de la reconnaissance de ton innocence!

(Photo Ange Esposito)

le 2009-12-18 - Françoise Vernoux
Un mot d'Edwige

Joyeuses Fêtes à toutes et à tous!:

L'an passé un ami m'avait envoyé ce texte pour me souhaiter une bonne année:
 
2009, rien que du neuf!
 
- Devin? Certainement!
Qu'en sera t-il pour 2010?
 
Pour ma part, je vous souhaite à toutes et à tous de passer de belles fêtes.
 
La vie est magique, oui, elle l'est.  Dans le tourbilon de nos existences, elle nous donne la force de passer les épreuves, de serrer le bonheur dans nos bras, et sourtout...  le garder.
 
Avec toute mon amitié,


le 2009-12-22 - Edwige Alessandri

Noël et la St Sylvestre aussi à Rennes:

Bonjour à tous et à toutes!
 
Je viens de recevoir une lettre d'Edwige qui fait chaud au cœur: à une semaine de sa prochaine permission, elle a le moral!  La parution de l'article de La Provence y est aussi pour quelque chose: elle suit le cours des événements et leur évolution de très près, bien sûr, et garde confiance en son destin au déroulement duquel elle participe dans toute la mesure de ses possibilités.  Il semblerait que pour elle, l'année commence sous de meilleurs augures...
 
Edwige s'est donné beaucoup de mal en cuisine pour que les fêtes de fin d'année soient aussi cela pour ses compagnes d'infortune: un peu de bonheur volé à la grisaille des jours.  Elle s'entend apparemment bien avec les surveillantes, et c'est ensemble qu'à notre intention elles ont rédigé les menus qu'elles ont servi à ces occasions. Elles nous prient donc de vous faire partager les délices concoctés ("on a beaucoup ri en en parlant"):
 
24 au soir:
  • feuilleté chèvre chaud, magret de canard avec confit de figues (le tout "fait maison")
  • pavé de saumon à l'unilatéral ("exquis, et c'est réel!")
  • rizotto aux asperges
  • salade, fromage
  • charlotte fruits rouges sur lit de crème anglaise
25 à midi
  • verrine mousse de betterave guacamole
  • cuisse de canard farci avec marrons, pommes rösti et haricots plats
  • salade frisée et laitue fraiches, fromages
  • entremet caramel au beurre salé
31 au soir
  • mousse de canard et terrine de lotte
  • coquille St Jacques ("succulentes")
  • salade, fromage
  • spéculos, entremet pommes caramélisées
1er janvier
  • saumon fumé et toasts pain de mie
  • sauté de biche
  • tortis 3 couleurs
  • salade, fromage
  • gâteau chocolat blanc, mousse de framboises.
"Le tout cuisiné et superbement décoré par une équipe de 8 détenues et 3 surveillantes.  C'est vrai, ce furent 2 semaines chargées en  travail, mais chacune de nous y a participé dans la joie et l'envie de réussir pour faire plaisir".
 
Je ne saurais conclure mieux qu'en remerciant tous ceux qui par leur cœur et leur compassion tentent de rendre la vie carcérale plus supportable: à tous et à toutes, bonne et heureuse année!


le 2010-01-06 - Françoise Vernoux

Le 7 Février, un anniversaire...:

"Les anniversaires ne valent que s'ils constituent des ponts jetés vers l'avenir."
Jacques Chirac, Discours pour le cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.

Nous formulons ici nos vœux, pour que ton avenir à toi s'éclaircisse bientôt!


le 2010-02-02 - Comité de Soutien

Des nouvelles...:

...  mais sont-elles vraiment neuves?  Après les agapes de fin d'année, l'hiver dure, se fait long, et pesant, comme le temps qui passe.  D'attente en attente, de petites en fausses joies, d'espérances en espoirs déçus...  L'enquête qui officiellement a été rouverte semble piétiner, aucune nouvelle.  -Laisse t'on pourrir la situation?
Nous avons vu Edwige fin Février et début Mars.  On dit "passer le temps", ou bien "tuer le temps", et le temps dure, dure.  Elle fait de son mieux, s'occupe par le travail, se noie dans la lecture.  Nous lui avons apporté quelques fleurs, nous en avons le droit.  Et encore des livres, des magazines aussi, pour faire plus "vivant".  Comme toujours, elle fait bonne figure, mais nous confie un peu de sa solitude qui s'ajoute à l'enfermement.  Le niveau interactif avec ses compagnes d'infortune est limité: elles n'ont pas la même culture.  Lors de notre dernier parloir, des hurlements de bête retentissent, des mots gueulés que nous n'arrivons pas à comprendre, - une dispute?  Devant mon air affolé, Edwige se veut rassurante: simple "pétage de plombs", comme cela arrive régulièrement, parfois au milieu de la nuit. -"Seules, dans leur cellule?!" -"Oui!, les boules Quies ne suffisent pas!"
 
Si Edwige écrit moins souvent qu'autrefois, ou si ses réponses se font attendre, c'est qu'elle ne sait plus quoi nous dire, quoi nous confier, quoi inventer pour nous distraire de sa peine et nous rassurer.  Ses garçons ont besoin d'elle, ses parents devraient se reposer.  Pour l'instant, il faut se contenter d'une permission par trimestre.  Pour l'instant.
 
Le doute qui ne lui a pas bénéficié lors de ses procès lui permettra t'il d'obtenir une Conditionnelle? 
 
C'est notre espoir à tous, d'espoir en espoir, toujours renouvelé, d'attente en attente, nous vivons à ton rythme, Edwige!
 
Et encore une fois, un mot d'appréciation pour le personnel du Centre Pénitentiaire, toujours courtois, toujours attentionné, et qui à l'instar de ces beaux parloirs aux couleurs gaies, et décorés de façon chaleureuse rendent nos visites presque "ordinaires" et moins traumatisantes.


le 2010-03-17 - Françoise Vernoux