La recette de l'erreur judiciaire
"Une erreur judiciaire c'est quand la vérité judiciaire n'est pas conforme à la vérité tout court. En matière criminelle, on retrouve toujours les mêmes ingrédients qui sont à l'origine des erreurs judiciaires.
En général, ce sont toujours des faits divers particulièrement affreux qui marquent l'opinion publique.
Ce sont des affaires dans lesquelles on ne trouve pas immédiatement un coupable et pour lesquelles la police ou la gendarmerie commet un certain nombre de petites erreurs. Il n'y a rien de pire pour la police et les magistrats que de ne pas trouver le coupable. L'opinion publique met la pression : "vous êtes nuls", les victimes sont désespérées : "alors, alors, vous en êtes où ?". Donc on ne va pas prendre n'importe qui, mais s'il y en a un qui passe par là, qui n'a pas une bonne tête, on ne va pas se poser 10 milliards de questions. Il n'a pas de mobile ? Tant pis... Il a un alibi ? On le fera dégringoler. Et puis, petit à petit il y a un glissement, et on bascule dans l'erreur judiciaire.
Bien souvent le suspect - injustement accusé - commet lui aussi des erreurs, fait parfois des petits mensonges. C'est par exemple, Patrick Dils qui ment sur son emploi du temps par peur qu'on se moque de lui en apprenant qu'il fouillait des poubelles aux alentours de l'heure du crime. C'est aussi Omar Raddad qui ne dit pas qu'il va voir les prostituées, qu'il joue de l'argent. Enfin, autre ingrédient pour arriver à l'erreur judiciaire : un magistrat peu expérimenté durant l'instruction.